Amour, toujours.

amour
Un texte inachevé, oublié, écrit en septembre et tombé dans une craque du plancher… 

 

Dans la dernière courbe de cette semaine de rentrée; chargée des émotions qui viennent avec la saison chaude qui fout le camp,

gonflée des sursauts de « voyons c’est comme le vélo, la rentrée? je vais me souvenir comment faire? » que je perçois dans les yeux de mes enfants (et surtout dans les miens quand je regarde ma mine cernée dans le miroir de la pharmacie),

dans cette dernière courbe donc, des mots en forme d’album jeunesse m’ont achevée juste avant le fil d’arrivée.

En quelques jours, j’ai assisté à plus d’amour que mon coeur est capable d’en emmagasiner. Il s’est gonflé, a été tantôt bercé, tantôt balloté, il s’est même rebellé après un gin sur glace englouti en trop peu temps, sur un estomac pas assez plein.

L’amour ça prend beaucoup de place pis le trop plein sort comme il peut. Des fois par le coeur, des fois par les larmes des yeux.

De l’amour donc.

Une réunion familiale où les enfants devenus grands seront toujours les petits dans les yeux des oncles et tantes. Même si les parents que nous sommes se font pousser dans le derrière par d’autres plus petits, les nôtres. Qui feront bien assez vite de nous, ceux qu’on sert, ceux qu’on aide à descendre l’escalier, ceux qu’on veut gâter de surprises, ceux dont on veut capter tous les souvenirs avant qu’ils s’envolent.

Des moments ensemble où les cris ont fusé devant les exploits des uns aux jeux de groupes -ou leur déconfiture, je parle pour moi-, où les champions sont parfois ceux qu’on n’attendait pas.

Où on fait un bingo à l’extérieur avec des roches à mettre sur les carreaux de la carte parce qu’on est très nombreux et que le budget de pinouches a busté.

De l’amour.

L’attente d’une vie nouvelle,  forcée par un rendez-vous obligé pour aller quérir la grosse bête au creux du ventre chaud de sa maman. Mon ami précieux qui m’envoie des photos de lui, « césarienne ready », avec son kit vert tout droit sorti d’un épisode de Grey’s Anatomy. En pleine séance de coupes de cheveux pré-rentrée qui laissent le petit cou blanc et doux, cette photo de la merveille nouvelle arrivée qui s’immisce dans l’écran de mon téléphone.  La vie en direct.

De l’amour.

Matin de chaos de la rentrée, sous la pluie, les parents s’entassent dans l’entonnoir de l’entrée de l’école, tous parapluies mêlés.

Dans le gymnase gonflé de fébrilité presqu’autant que d’humidité; des visages tantôt pressés, tantôt préoccupés, des petites mains moites qui serrent fort celle de leur papa, de leur maman, les encore tout-petits qui cherchent des yeux leurs amis, les figures connues.

Ces parents qui accompagnent avec beaucoup d’affection leurs enfants dans ces grandes premières fois qui sont toujours à recommencer me touchent.

Soudain des cris suraigus, trois éclairs froufroutants de robes colorées se frayent un chemin parmi la foule et se retrouvent enfin dans une accolade bruyante et magique de rires en cascades. Les grandes retrouvailles des chum de filles.

De l’amour.

Et les enseignantes, reposées et les bras grands ouverts, le regard bienveillant et tendre sur ces petits visages au nez rousselé du soleil de l’été, ça aussi de l’amour.

Sous un chapiteau immense, presque pas assez grand pour contenir toute la peine de ces gens venus dire un dernier au revoir à leur frère, leur amoureux, leur fils, leur ami, leur collègue, leur cousin, leur coéquipier, parti cruellement trop tôt, je suis allée porter mes respects à ces gens solides dans la peine. À mon amie de longue date qui a perdu son grand amour, son roc, son homme.

(Oui, je parle encore de la mort, on s’en sortira pas personne qu’ils disent.)

De l’amour en forme de témoignages émouvants et vrais, de collages photos, de chandails de hockey accrochés au mur.

De l’amour en forme de chants sacrés, de coéquipiers de l’équipe de hockey du grand de 15 ans qui sont tous venus à l’église, habillés swell comme les gars du grand club quand ils partent sur la route.

De l’amour en forme de sandwichs aux oeufs et en salade de macaronis.

Ces derniers jours, de l’amour partout, dans tout. Dans un épi de maïs refroidi.

Dans les crayons qu’on taille, dans l’efface de l’année passée qu’on recycle en effaçant rien avec, juste pour qu’elle retrouve sa belle couleur blanche et neuve.

Dans le bâton de Molkky qui termine sa course à un pouce du 10 alors que c’est le pointage que ça te prend pour gagner.

Dans la route qu’on fait pour retrouver les siens, la musique dans le piton pour alléger ce temps qui semble perdu.

Dans des messages enfouis au creux de ballons gonflés pour les 40 ans de Cynthia la magnifique.

Dans le sourire qu’on rend au chauffeur d’autobus en lui souhaitant une bonne journée si on daigne décoller son nez de notre petit écran.

Dans les photos de faces laittes avec mes amis-clowns-de-la-télé. Dans nos niaiseries échangées sur les messageries.

Dans les amitiés retrouvées à cause des grands drames,

De l’amour.

Dans le regard bienveillant de mon king chief radio Raed, de l’amour.

Dans tous les petits lunchs que vous avez faits pour l’école, de l’amour.

Dans un texto surprise d’un ami qui pense à vous, de l’amour.

Dans la comptine chantée à la va vite pour ne pas rater le générique de début de votre émission préférée, de l’amour pareil.

Entre deux bouchées de mon brunch keto (je suis juste trop paresseuse pour descendre chercher un pain dans le congélateur)

je feuillette les nombreuses et alléchantes nouveautés en littérature jeunesse, et en parcourant les mots et illustrations de cet album; mes yeux se remplissent de larmes, tout est là et bien là. Encore de l’amour. Dans chacun des petits et grands gestes. Dans nos regards sur les autres, nos actes bienveillants même si maladroits  parfois.

Au moment où mon grand fiston en est à sa dernière année de primaire, que se bousculent dans sa tête et son corps tout ce qui cherche a prendre sa place, que mes filleules marchent doucement vers la fin de leur secondaire, que Jé vient d’arriver dans la grande ville au Cégep, je craque à ces mots:

« Alors quand viendra le temps de partir pour voler de tes propres ailes, les nuages gris s’accumuleront au dessus de ta maison et des rafales de vent balaieront tout autour. Ceux que tu aimes seront là, sous leur parapluie, te serrant fort dans leurs bras, t’embrassant et te souhaitant bonne chance. Mais ce ne sera pas la chance que tu emporteras avec toi. Car tu auras l’amour. Tu auras l’amour, l’amour et encore l’amour. »      -Matt de la Pena

 

Dans tous vos gestes, les petits comme les plus grands, il y a l’amour. Vos mains posées dans le dos, vos hugs quand vous ne trouvez pas les mots.

Nous voilà en décembre et je ne sais pas comment terminer ceux-ci.

Je vous imagine, comme moi, mentalement chargés de listes de toutes sortes; du sucré, du salé, du qui brille, du « à échanger », à poster, à emballer, à ne pas oublier. S’il vous manque un cadeau, filez chez votre libraire vous procurer l’album cité plus haut. S’il vous en manque deux, je ne saurais faire autrement que de vous recommander le mien  🙂

Mais au delà de tout, je vous souhaite de vous arrêter, le temps d’un inspire-expire, pour apprécier l’amour autour de vous, celui que vous offrez comme celui à offrir.

Il ne se déballe pas, il est toujours là, et gratuit. Faut juste lever le nez pour le sentir et l’apprécier.

Je vous en souhaite des pelletées.

❤ ❤ ❤

 

 

 

 

2 réflexions sur “Amour, toujours.

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