Regarder la vie par le trou d’une paille

Paille2

 

Des pattes de lapin tombent du ciel ce matin.  Mon nouvel ordi et moi (ben quoi, une blogueuse qui se respecte, ça doit avoir une machine respectable) on fait connaissance tranquillement, et l’envie me prend de vous parler de mon ami Simon.

Je ne vois pas le jour où ce garçon cessera de m’étonner, de créer du tendre, du merveilleux et du réfléchi. Sans oublier du drôle et du flexible. Parce que côté flexibilité Simon, c’est pas mal le top. 

Il a encore sévit avec son dernier né, Florence et Léon, je vous ai titillé avec ce titre plus tôt cette semaine. Et cet album m’a fait réfléchir au delà de cette tendre histoire.

Il est question ici de la rencontre entre Florence et Léon, 2 êtres singuliers -ne le sommes nous pas tous?-  qui ont chacun un problème. Florence aux poumons; c’est comme si elle respirait dans une paille. Léon lui, a un problème aux yeux. C’est comme s’il regardait par le trou d’une paille.

Avez-vous déjà regardé par le trou d’une paille? On n’y voit que partiellement les objets, les visages, les images ou les mots. Ça demande tout un effort de concentration, mais c’est un exercice fascinant. D’abord, ça oblige à une certaine lenteur. Luxe que je ne me permet pas souvent, grande marathonienne du quotidien que je suis. Mais après tout, c’est dimanche.

Ensuite, cette vue restreinte offre une toute autre perspective sur le sujet observé. Pas le choix de s’y arrêter, de tenter de saisir dans quel ordre iront les pièces arrondies de ce casse-tête pour former une image complète. Quand l’objet est connu, le boulot se fait presque seul. S’il ne l’est pas, la surprise est offerte au compte-goutte, comme un coeur d’oignon qu’on déshabille.

Si on regarde des mots, on fait confiance à la force du cerveau qui sait faire s’aligner les lettres qui formeront le mot « coq » et sommes surpris d’y percevoir plutôt « coquelicot ». Étonnant qu’on se fie toujours à notre première impression.  Qu’on ne pousse pas toujours plus loin l’observation.

Regarder par le trou d’une paille c’est redécouvrir le connu, l’habituel, y déceler un détail oublié ou jamais vu. Réaliser que l’iris se teinte ici et là de gris parmi le vert. Se rappeler la fois où on s’est brûlé sur la grille du four en revoyant sa cicatrice sur l’avant-bras. C’est déceler un poil blanc de plus dans la barbe de l’être aimé, et ne pas l’en aimer moins pour autant.

Vous n’avez pas encore quitté votre écran pour aller quérir une paille? Ça me fait plaisir que mes mots vous gardent ici. Mais je vous invite candidement à le faire.

À vous concentrer, l’espace de quelques minutes, sur cette vision confinée des choses qui ouvre toutes grandes les portes d’un autre type de contemplation, celui du très petit. Qui n’en est pas moins révélateur de grandes choses. Ces choses qu’on ne voit plus parfois.

Simon, merci pour la réflexion. Même à travers une paille, même les deux yeux fermés derrière mes lunettes fumées,  je vais toujours voir en toi un créateur à l’infiniment grand coeur.

Léon

 

 

 

 

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